Immobilier & Représentation fiscale

Exonérations de plus-value immobilière pour les non-résidents en France

Non-résident, vous pouvez bénéficier d'exonérations significatives sur la plus-value de votre bien en France. Découvrez lesquelles s'appliquent à votre situation.

Principe d'imposition des plus-values immobilières des non-résidents

Les non-résidents qui cèdent un bien immobilier situé en France sont en principe soumis à l'impôt français sur la plus-value réalisée. Le taux d'imposition de base est de 19 % pour les ressortissants d'un État membre de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen (EEE), et de 36,2 % (prélèvements sociaux inclus) pour les résidents d'États tiers. En dehors de l'EEE, les prélèvements sociaux de 17,2 % s'ajoutent à ces 19 %.

Toutefois, plusieurs dispositifs d'exonération ou d'abattement permettent de réduire, voire d'annuler, cette imposition. Il est essentiel de les identifier avant la vente, car ils doivent être déclarés et justifiés dans la déclaration 2048-IMM que prépare le représentant fiscal accrédité.

Point clé Les exonérations et abattements applicables aux non-résidents sont globalement identiques à ceux des résidents, avec quelques spécificités liées au statut de non-résident ou à la nationalité du vendeur.

L'exonération spécifique aux non-résidents de l'UE/EEE

Les non-résidents ressortissants d'un État membre de l'UE ou de l'EEE (ou ressortissants français ayant transféré leur domicile dans ces États) bénéficient d'une exonération spécifique sur la première cession d'un logement en France. Cette exonération est plafonnée à 150 000 € de plus-value nette imposable (article 150 U II-2° du CGI).

Pour en bénéficier, plusieurs conditions cumulatives doivent être remplies :

  • Le cédant doit être ressortissant d'un État de l'UE, de l'EEE, ou de la Suisse
  • Il doit avoir été fiscalement domicilié en France de manière continue pendant au moins deux ans
  • La cession doit porter sur un logement (résidence ou locatif)
  • Il s'agit de la première cession depuis le changement de domicile fiscal
  • Le bien doit avoir été librement disponible au moins depuis le 1er janvier de l'année précédant la cession

Exonération pour cession de l'ancienne résidence principale

Depuis la loi de finances pour 2019, les non-résidents peuvent bénéficier de l'exonération de plus-value pour cession de la résidence principale, qui s'appliquait jusqu'alors uniquement aux résidents. Cette extension concerne les ressortissants d'un État de l'UE, de l'EEE ou d'un État ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative.

Les conditions à remplir sont :

  • Le bien devait être la résidence principale du cédant jusqu'à son départ de France
  • La cession doit intervenir au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle du transfert du domicile fiscal hors de France
  • Le bien ne doit pas avoir été mis en location ou prêté entre le départ et la vente
Exemple concret Madame L., ressortissante française, quitte Paris en mars 2026 pour s'établir à Dubaï. Elle met en vente son appartement, ancienne résidence principale, en octobre 2026. La vente génère une plus-value de 80 000 €. Elle est totalement exonérée car la cession intervient dans l'année suivant le départ et le bien n'a pas été loué.

Abattements pour durée de détention

Indépendamment des exonérations spécifiques, tous les vendeurs non-résidents bénéficient des abattements pour durée de détention applicables en France. Ces abattements réduisent progressivement la base imposable jusqu'à l'exonération totale.

Durée de détentionAbattement IR (par an)Abattement prélèvements sociaux
Moins de 6 ans0 %0 %
6 à 21 ans6 % / an1,65 % / an
22e année4 % (exonération IR totale)1,60 %
23 à 30 ansExonération totale IR9 % / an
Après 30 ansExonération totaleExonération totale
Ne pas confondre exonération et absence de représentant fiscal Même si la plus-value est exonérée ou nulle, l'obligation de représentant fiscal accrédité peut subsister si le prix de cession dépasse 150 000 €. L'exonération fiscale ne supprime pas l'obligation formelle de désignation.

Pour optimiser votre fiscalité et vous assurer que toutes les exonérations applicables sont prises en compte, faites appel à un représentant fiscal accrédité spécialisé en immobilier des non-résidents.

Questions fréquentes

Oui, sous conditions strictes. La loi de finances 2019 a étendu aux non-résidents ressortissants de l'EEE l'exonération applicable à la cession de l'ancienne résidence principale en France, sous réserve que le bien ait été la résidence principale jusqu'au départ et que la cession intervienne au plus tard le 31 décembre de l'année suivant le départ.
Oui. Les non-résidents bénéficient des mêmes abattements pour durée de détention que les résidents : 6 % par an de la 6e à la 21e année, et 4 % la 22e année pour l'impôt sur le revenu. L'exonération totale d'IR est acquise après 22 ans de détention. Pour les prélèvements sociaux, l'exonération totale intervient après 30 ans.
Les non-résidents ressortissants d'un État de l'UE ou de l'EEE bénéficient d'une exonération plafonnée à 150 000 € de plus-value nette imposable sur la première cession d'un bien en France, sous condition d'avoir été résident fiscal français pendant au moins deux ans à un moment quelconque.
Oui. L'obligation de représentant fiscal accrédité (ventes > 150 000 €) et le bénéfice d'une exonération sont deux sujets distincts. Le représentant fiscal calcule la plus-value en tenant compte des exonérations et abattements applicables, puis établit la déclaration sur cette base.

Vous avez besoin d'un représentant fiscal accrédité ?

Consultez notre liste de représentants fiscaux accrédités par la DGFiP. Comparez les spécialités, obtenez un devis et sécurisez vos obligations fiscales en France.

Consulter la liste 2026 Comment bien choisir ?