Représentant fiscal immobilier

Prélèvements sociaux sur les revenus immobiliers des non-résidents en France

CSG, CRDS, prélèvement de solidarité : les non-résidents propriétaires en France sont soumis aux prélèvements sociaux sur leurs revenus immobiliers. Voici ce que vous devez savoir pour éviter les mauvaises surprises.

Principe des prélèvements sociaux pour les non-résidents

Les prélèvements sociaux sont un ensemble de cotisations finançant la protection sociale française : CSG (contribution sociale généralisée), CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) et divers prélèvements additionnels. Pendant longtemps, les non-résidents étaient exemptés de CSG et CRDS lorsqu'ils n'étaient pas affiliés à la sécurité sociale française.

Depuis la loi de finances pour 2019 — et la jurisprudence européenne qui a contraint la France à s'adapter — le régime s'est clarifié. Tous les non-résidents sont désormais assujettis à des prélèvements sociaux sur leurs revenus immobiliers de source française. La nature et le taux de ces prélèvements varient selon le pays de résidence du contribuable.

Modification de 2026 Le régime issu de la loi 2018-1317 est consolidé. Les non-résidents de l'EEE affiliés à la sécurité sociale de leur pays d'accueil bénéficient du prélèvement de solidarité à taux réduit (7,5 %) plutôt que des prélèvements sociaux complets (17,2 %).

Taux applicables selon votre situation

Le taux effectif dépend de votre pays de résidence et de votre affiliation à un régime de sécurité sociale :

Situation du non-résidentPrélèvements applicablesTaux global
Hors UE / EEE / SuissePrélèvements sociaux complets (CSG + CRDS + autres)17,2 %
UE / EEE / Suisse, affilié régime étrangerPrélèvement de solidarité uniquement7,5 %
Non affilié à aucun régime (hors EEE)Prélèvements sociaux complets17,2 %

Pour les résidents de pays hors EEE qui disposent d'une convention fiscale avec la France prévoyant une clause spécifique sur les prélèvements sociaux, une réduction peut s'appliquer. Il convient de vérifier la convention bilatérale applicable à votre situation.

Revenus concernés et calcul de l'assiette

Les prélèvements sociaux s'appliquent à deux catégories de revenus immobiliers de source française :

  • Les revenus fonciers : loyers perçus pour des biens loués nus (revenus fonciers) ou meublés (BIC) situés en France. L'assiette est le revenu net après déduction des charges (travaux, intérêts d'emprunt, frais de gestion).
  • Les plus-values immobilières : gain réalisé lors de la vente d'un bien immobilier en France. L'assiette est la plus-value nette après abattements pour durée de détention.
Exemple de calcul — plus-value Un ressortissant américain vend un appartement à Paris avec une plus-value nette de 100 000 €. Il paiera : 26 500 € d'impôt sur le revenu (taux de 26,5 % applicable hors UE/EEE) + 17 200 € de prélèvements sociaux (17,2 %) = 43 700 € au total, prélevés par le représentant fiscal accrédité lors de la signature de l'acte notarié.

Rôle du représentant fiscal pour les prélèvements sociaux

Lorsque la plus-value immobilière dépasse 150 000 €, la présence d'un représentant fiscal accrédité est obligatoire. Ce représentant calcule et verse les prélèvements sociaux en même temps que l'impôt sur la plus-value, directement au Trésor public, lors du passage chez le notaire.

Pour les revenus locatifs, le représentant fiscal peut être mandaté pour déposer la déclaration annuelle de revenus fonciers (formulaire 2044) et régler les prélèvements sociaux correspondants. Cette mission est particulièrement utile pour les non-résidents éloignés géographiquement ou peu familiers du système fiscal français.

Pour trouver un professionnel qualifié, consultez notre liste des représentants fiscaux accrédités DGFiP. Ces experts maîtrisent le calcul des prélèvements sociaux et vous éviteront les erreurs de liquidation.

Attention aux erreurs de taux Appliquer le taux de 17,2 % au lieu de 7,5 % (ou inversement) constitue une erreur de liquidation fiscale. En cas de trop-versé, un remboursement peut être demandé à l'administration, mais la procédure est longue. En cas de sous-versement, des pénalités s'appliquent.

Questions fréquentes

Oui, depuis 2019, tous les non-résidents doivent s'acquitter des prélèvements sociaux sur leurs revenus immobiliers français (revenus locatifs et plus-values), qu'ils soient ou non affiliés à un régime de sécurité sociale dans l'UE. Le taux global est de 17,2 %. Toutefois, les ressortissants de l'EEE couverts par un régime de sécurité sociale d'un autre État membre ne paient pas la CSG et la CRDS mais un prélèvement de solidarité de 7,5 %.
Le taux global des prélèvements sociaux est de 17,2 % pour les résidents hors EEE. Pour les non-résidents ressortissants de l'EEE (UE, Norvège, Islande, Liechtenstein) ou de la Suisse affiliés à un régime de sécurité sociale étranger, le prélèvement de solidarité réduit s'applique à 7,5 %.
Oui. La plus-value immobilière réalisée par un non-résident lors de la vente d'un bien en France est soumise à l'impôt sur le revenu (19 % pour les résidents de l'UE/EEE, 26,5 % ou 36,2 % hors UE/EEE) et aux prélèvements sociaux (17,2 % ou 7,5 % selon la situation). Le représentant fiscal accrédité est chargé de verser ces montants lors de la transaction.
Non. Les non-résidents ne peuvent pas déduire la CSG de leur revenu imposable en France, contrairement aux résidents fiscaux français qui bénéficient d'une déductibilité partielle. C'est une particularité défavorable du régime des non-résidents.

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