Immobilier & Représentation fiscale

Location meublée (LMNP) et représentant fiscal pour non-résidents

Vous louez un appartement meublé en France depuis l'étranger ? Découvrez le régime BIC applicable aux non-résidents, les obligations déclaratives et le rôle du représentant fiscal.

Le statut LMNP est accessible aux non-résidents

La location meublée non professionnelle (LMNP) désigne la mise en location d'un logement équipé du mobilier suffisant pour permettre au locataire d'y vivre normalement, sans que cette activité constitue la profession principale du bailleur. Contrairement à une idée reçue, ce statut est pleinement accessible aux propriétaires non-résidents fiscaux en France.

Les revenus tirés de cette activité sont imposables en France dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non dans la catégorie des revenus fonciers comme pour la location nue. Cette différence de régime a des implications importantes en termes d'imposition, d'abattements et de déductibilité des charges.

LMNP vs location nue Pour les non-résidents, la location meublée (BIC) offre généralement plus d'options fiscales que la location nue (revenus fonciers), notamment via la possibilité d'amortissement du bien sous le régime réel. En contrepartie, les obligations déclaratives sont plus complexes.

Les régimes fiscaux BIC pour non-résidents

Deux régimes d'imposition sont possibles en LMNP, au choix du propriétaire :

  • Micro-BIC : applicable si les recettes annuelles n'excèdent pas 77 700 € (ou 188 700 € pour les meublés de tourisme classés). Un abattement forfaitaire de 50 % (71 % pour les meublés de tourisme classés) est appliqué sur les recettes brutes. Aucune charge réelle n'est déductible.
  • Régime réel simplifié : obligatoire au-delà des seuils du micro-BIC, ou sur option. Permet la déduction des charges réelles (intérêts d'emprunt, assurances, frais de gestion, travaux) et l'amortissement du bien et du mobilier.

Pour un non-résident, le taux minimum d'imposition est de 20 % sur les bénéfices nets imposables (30 % au-delà de 26 070 € de revenus de source française pour 2026). Des prélèvements sociaux de 17,2 % s'ajoutent si le propriétaire est ressortissant de l'EEE non affilié à un régime de sécurité sociale dans son pays de résidence.

RégimeRecettes maxAbattement / déductionsAmortissement
Micro-BIC classique77 700 €50 % forfaitaireNon
Micro-BIC meublé tourisme classé188 700 €71 % forfaitaireNon
Réel simplifiéIllimitéCharges réellesOui

Obligations déclaratives en France pour les non-résidents en LMNP

Le non-résident exerçant une activité LMNP doit s'immatriculer auprès du greffe du tribunal de commerce (via le guichet unique INPI) pour obtenir un numéro SIRET. Cette formalité est distincte de l'immatriculation fiscale et doit être accomplie au démarrage de l'activité.

Chaque année, il doit déposer une déclaration de revenus (formulaire 2042-C-PRO pour le micro-BIC, ou liasse fiscale 2031 pour le réel) auprès du Centre des Impôts des Non-Résidents (CINR — Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents, Noisy-le-Grand). La déclaration doit être déposée dans les mêmes délais que pour les résidents (généralement fin mai/début juin selon le calendrier fiscal annuel).

Exemple concret M. T., résident en Australie, possède un studio meublé à Lyon qu'il loue 800 €/mois (9 600 €/an). Sous le régime micro-BIC, son bénéfice imposable est de 4 800 € (9 600 × 50 %). Au taux minimum de 20 %, son impôt en France est de 960 €. Il n'a pas besoin de représentant fiscal accrédité TVA car son chiffre d'affaires ne génère pas de TVA française (location meublée non soumise à TVA en principe).

Représentant fiscal et LMNP : quand devient-il nécessaire ?

Pour une simple activité LMNP classique, la désignation d'un représentant fiscal accrédité au sens de l'article 289A du CGI (pour la TVA) n'est généralement pas obligatoire, car les locations meublées ne sont pas soumises à la TVA française dans le cas standard.

En revanche, un représentant fiscal peut s'avérer nécessaire ou très utile dans les cas suivants :

  • Si votre LMNP inclut des prestations para-hôtelières (petit-déjeuner, ménage quotidien, accueil) qui soumettent l'activité à TVA
  • Si vous êtes établi hors UE et que votre activité génère une TVA française à collecter et reverser
  • Lors de la revente du bien loué en LMNP si le prix de cession dépasse 150 000 €

Pour les obligations déclaratives courantes (BIC, déclaration de revenus), un expert-comptable ou un gestionnaire spécialisé en fiscalité des non-résidents peut suffire, sans nécessairement passer par un représentant fiscal accrédité DGFiP.

Vigilance à la revente Si vous vendez votre bien LMNP après l'avoir loué, la plus-value immobilière est calculée sur la base du prix d'acquisition initial. Un bien LMNP vendu sous le régime des plus-values des particuliers (et non professionnelles) bénéficie des abattements pour durée de détention habituels.

Pour un accompagnement global — gestion LMNP, déclarations fiscales et représentation si nécessaire — consultez notre liste des représentants fiscaux accrédités spécialisés en fiscalité immobilière des non-résidents.

Questions fréquentes

Oui. Le statut de loueur meublé non professionnel (LMNP) est accessible aux non-résidents. Les revenus tirés de la location meublée en France sont imposables en France dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), indépendamment du domicile fiscal du propriétaire.
L'obligation de représentant fiscal accrédité concerne principalement les obligations TVA. Si votre activité LMNP génère une TVA française (cas rare pour les locations nues, plus fréquent pour certains meublés de tourisme avec services), un représentant fiscal TVA peut être requis si vous êtes établi hors UE.
Les revenus LMNP sont imposés dans la catégorie BIC. Sous le régime micro-BIC, un abattement forfaitaire de 50 % (ou 71 % pour les meublés de tourisme classés) est appliqué. Sous le régime réel, les charges réelles sont déductibles. Un taux minimum de 20 % s'applique pour les non-résidents.
Oui. Le régime LMNP au réel permet à un non-résident d'amortir le bien immobilier et le mobilier, ce qui peut considérablement réduire la base imposable. Ces amortissements doivent être déclarés chaque année via la liasse fiscale (formulaire 2031).
Sources officiellesimpots.gouv.frBOFiPservice-public.fr

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