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Représentant fiscal en France pour les résidents et entreprises suisses

Vous vivez en Suisse et possédez un bien en France, ou votre société helvétique opère sur le marché français ? La Suisse n'est pas dans l'UE : voici ce que cela implique concrètement.

La Suisse est hors UE : conséquences fiscales en France

Malgré sa proximité géographique et ses nombreux accords bilatéraux avec l'Union européenne, la Suisse n'est pas membre de l'UE ni de l'EEE. Cette distinction est fondamentale en matière fiscale française : les personnes physiques et morales résidentes en Suisse sont traitées comme des entités hors Union européenne et soumises à l'intégralité des obligations prévues pour les non-résidents.

En pratique, cela signifie que l'obligation de désigner un représentant fiscal accrédité par la DGFiP s'applique pleinement : pour les plus-values immobilières supérieures à 150 000 €, et pour toute société suisse réalisant des opérations imposables à la TVA française sans être établie sur le territoire de l'Union.

Important Les accords bilatéraux Suisse-UE (libre circulation des personnes, accord douanier) ne créent pas d'exemption en matière de TVA française ou de représentation fiscale. La Suisse reste un pays tiers pour l'administration fiscale française.

Résidents suisses et immobilier en France

La région frontalière franco-suisse (Haute-Savoie, Ain, Jura, Doubs, Haut-Rhin) concentre une part importante de résidents suisses propriétaires en France. Que ce soit une résidence secondaire dans les Alpes, un bien locatif à Lyon ou un appartement à Paris, les obligations fiscales françaises s'appliquent pleinement.

Revenus locatifs : les loyers perçus en France sont imposables en France au titre des revenus fonciers. Le taux minimum applicable aux non-résidents est de 20 % sur les revenus nets fonciers (article 197 A du CGI), sous réserve de la convention franco-suisse qui peut modifier cette imposition.

Plus-value immobilière : lors de la vente d'un bien, le taux applicable est de 26,5 % (19 % d'IR + 7,5 % de prélèvement de solidarité). Si la plus-value excède 150 000 €, la désignation d'un représentant fiscal accrédité est obligatoire avant la signature de l'acte authentique chez le notaire.

Exemple concret Un médecin installé à Genève a acheté un appartement à Chamonix il y a 15 ans pour 250 000 €. Il le revend en 2026 pour 480 000 €. La plus-value brute est de 230 000 €, après abattements pour durée de détention la plus-value taxable dépasse 150 000 €. Il doit désigner un représentant fiscal accrédité avant la vente. Son représentant calculera l'impôt exact et le versera directement à la DGFiP.

TVA française pour les sociétés suisses

Une entreprise établie en Suisse qui exerce une activité commerciale en France — vente de biens sur le territoire, prestations de services imposables, e-commerce — doit s'immatriculer à la TVA française et désigner un représentant fiscal accrédité. Les principales situations concernées sont :

  • Import et revente de marchandises en France
  • Prestations de services à des clients français (architecte, bureau d'études, consultant…)
  • Ventes en ligne à des particuliers français dépassant le seuil OSS de 10 000 €
  • Participation à des foires, salons ou marchés en France avec vente sur place

Le représentant fiscal accrédité prend en charge l'immatriculation auprès du SIEE, obtient le numéro de TVA intracommunautaire et soumet les déclarations périodiques. Il est solidairement responsable du paiement de la TVA due.

Convention fiscale franco-suisse

La convention fiscale entre la France et la Suisse (signée en 1966, révisée plusieurs fois) prévoit des règles pour éviter la double imposition. Elle est particulièrement pertinente pour :

  • Les revenus immobiliers : imposables dans le pays où est situé le bien (France). La convention accorde généralement un crédit d'impôt en Suisse.
  • Les plus-values immobilières : la France conserve le droit d'imposer, mais la convention peut neutraliser partiellement l'imposition selon le profil du contribuable.
  • Les frontaliers : un régime spécifique prévoit souvent que les frontaliers habitant en Suisse et travaillant en France sont imposés en Suisse sur leurs revenus d'activité.

Ces dispositions ne remplacent pas les obligations de représentation fiscale : elles permettent uniquement de réduire ou éliminer la double imposition économique. Votre représentant fiscal en France sera votre interlocuteur pour les formalités auprès de la DGFiP, tandis qu'un conseiller fiscal en Suisse gérera le volet helvétique.

Point de vigilance Ne pas confondre "être exonéré d'impôt en France" (ce que peut prévoir la convention dans certains cas) et "ne pas avoir d'obligation déclarative en France". Même si la plus-value est réduite à zéro par la convention, les formalités de déclaration et le cas échéant la désignation d'un représentant fiscal restent obligatoires.

Pour trouver un représentant fiscal spécialisé dans les situations franco-suisses, consultez la liste des représentants fiscaux accrédités DGFiP.

Comment désigner son représentant fiscal

La procédure est identique à celle de tout non-résident hors UE. Les documents à préparer varient selon la situation :

  • Pour un particulier (immobilier) : pièce d'identité, titre de propriété ou compromis de vente, historique d'acquisition, justificatif de résidence en Suisse
  • Pour une société (TVA) : extrait du registre du commerce suisse (RC), statuts, coordonnées bancaires, description de l'activité en France

Une fois le mandat signé, le représentant soumet le dossier au service compétent (SIEE pour la TVA, SIE local pour l'immobilier) et se charge de l'ensemble des formalités jusqu'à l'obtention du numéro fiscal français.

Questions fréquentes

Oui, si la plus-value réalisée dépasse 150 000 €. Il doit désigner un représentant fiscal accrédité avant la signature de l'acte de vente. La convention fiscale franco-suisse peut réduire ou éliminer l'imposition en France selon les cas, mais ne supprime pas l'obligation de représentation au-delà du seuil.
Oui. La Suisse n'est pas membre de l'Union européenne. Malgré les accords bilatéraux Suisse-UE, une société helvétique réalisant des opérations taxables en France doit s'immatriculer à la TVA française et désigner un représentant fiscal accrédité conformément à l'article 289 A du CGI.
Les frontaliers qui travaillent en France et résident en Suisse ont un régime fiscal particulier (souvent imposés en Suisse sur leurs revenus d'activité). En revanche, s'ils détiennent un bien immobilier en France et le vendent avec une plus-value supérieure à 150 000 €, l'obligation de représentant fiscal s'applique.
Le taux est de 26,5 % pour les résidents hors EEE (19 % d'IR + 7,5 % de prélèvement de solidarité). La convention franco-suisse peut permettre une réduction, voire une exonération dans certains cas. Un représentant fiscal ou un conseiller fiscal franco-suisse peut optimiser la situation.
Sources officielles impots.gouv.frBOFiPservice-public.fr

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