Cas pratiques : représentant fiscal TVA en France — exemples concrets
Pour savoir si vous avez besoin d'un représentant fiscal TVA en France, rien ne vaut des exemples concrets. Voici les situations les plus courantes, avec une réponse claire pour chaque cas.
Cas 1 — Vendeur e-commerce hors Union européenne
C'est le cas le plus fréquent rencontré par les services fiscaux français. Une société établie hors UE — qu'elle soit américaine, australienne, japonaise ou canadienne — vend des produits physiques à des clients français. Selon la manière dont elle opère, ses obligations diffèrent.
Exemple : boutique Shopify américaine livrant depuis les États-Unis
Une société du Texas vend des bijoux artisanaux en ligne, livrant ses clients français depuis son stock américain. Ses livraisons sont inférieures à 150 € par colis. Elle peut utiliser le régime IOSS (guichet unique import) sans désigner de représentant fiscal. Si ses colis dépassent 150 €, la TVA est perçue à l'importation et elle doit s'immatriculer à la TVA française avec un représentant fiscal accrédité.
Exemple : vendeur Amazon FBA (stock en France)
Une entreprise coréenne envoie ses marchandises dans l'entrepôt Amazon de Bretigny-sur-Orge (France). Dès que les produits entrent sur le territoire français, une immatriculation TVA est obligatoire avec désignation d'un représentant fiscal accrédité. Le recours à l'OSS n'est pas possible dans ce cas.
Cas 2 — Prestataire de services numériques
Les règles TVA sur les services dépendent de la nature du client (B2B ou B2C) et du lieu d'établissement du prestataire. Les entreprises hors UE doivent bien distinguer ces deux situations avant de déterminer si un représentant fiscal est nécessaire.
B2B : Le client français est un assujetti TVA. C'est lui qui autoliquide la TVA. Le prestataire étranger n'a aucune obligation TVA française, donc pas de représentant fiscal requis.
B2C : Le client est un particulier français. La TVA française est due par le prestataire étranger. Si son volume dépasse 10 000 € annuels pour l'ensemble de l'UE, l'OSS peut s'appliquer — sans nécessiter de représentant fiscal pour les pays UE. Pour les entreprises hors UE sans établissement dans l'UE, l'enregistrement OSS suffit.
Attention au cas mixte B2B / B2C
Un prestataire SaaS facturant à la fois des entreprises et des particuliers français doit gérer deux régimes distincts. Seule la partie B2C génère potentiellement une obligation d'immatriculation TVA.
Cas 3 — Investisseur immobilier étranger en France
Un investisseur ou promoteur immobilier établi hors UE réalisant des opérations immobilières en France peut être assujetti à la TVA immobilière. Dans ce cas, il est obligatoire de désigner un représentant fiscal pour la TVA immobilière.
Exemple : société de promotion immobilière singapourienne
Une société de Singapour développe un programme de 20 appartements neufs à Lyon. Les ventes en VEFA sont soumises à TVA (20 %). La société doit s'immatriculer à la TVA en France avant la première vente et désigner un représentant fiscal accrédité. Ce représentant déposera les déclarations de TVA mensuelles et sera solidairement responsable de leur paiement.
Cas 4 — Importateur et distributeur en France
Une entreprise hors UE qui importe des marchandises en France pour les revendre à des clients français (professionnels ou particuliers) est soumise à TVA sur ses ventes. Dès lors qu'elle n'est pas établie dans l'UE, elle doit désigner un représentant fiscal accrédité pour gérer ses déclarations CA3.
Exemple : distributeur tunisien de cosmétiques
Une société tunisienne fournit des enseignes de parfumerie françaises en cosmétiques de niche. Elle importe ses produits en France, les distribue depuis un entrepôt loué en Île-de-France. Ce dispositif génère une TVA sur les ventes françaises. La société doit s'immatriculer à la TVA et désigner un représentant fiscal accrédité. Elle peut récupérer la TVA payée à l'import via ce même représentant.
Pour toutes ces situations, faire appel à un professionnel accrédité est la meilleure façon de sécuriser vos obligations. Consultez notre liste des représentants fiscaux accrédités DGFiP pour trouver le partenaire adapté à votre activité.
Délais à respecter
L'immatriculation TVA et la désignation du représentant fiscal doivent intervenir avant la première opération imposable en France. Toute omission expose à des pénalités de retard et à une mise en conformité plus coûteuse.
Questions fréquentes
Oui, si elle réalise des ventes imposables à la TVA française. Le Canada n'étant pas membre de l'UE et n'ayant pas signé de convention d'assistance au recouvrement avec la France, cette entreprise doit obligatoirement désigner un représentant fiscal accrédité auprès de la DGFiP avant de s'immatriculer à la TVA française.
Non, dans ce cas. Les ventes B2B de services sont soumises au mécanisme d'autoliquidation : c'est le client français qui déclare et paye la TVA. L'entreprise américaine n'a pas à s'immatriculer à la TVA française ni à désigner un représentant fiscal pour ces opérations.
Oui, absolument. Dès lors que des marchandises sont stockées sur le territoire français par une entreprise non établie dans l'UE, une immatriculation TVA en France est obligatoire, accompagnée de la désignation d'un représentant fiscal accrédité. Amazon FBA génère précisément cette situation.
Oui. Les opérations de promotion immobilière (ventes en VEFA, livraison d'immeubles neufs) réalisées en France par une société non établie dans l'UE sont soumises à TVA immobilière. Un représentant fiscal accrédité est obligatoire pour gérer ces obligations vis-à-vis de la DGFiP.
Vous avez besoin d'un représentant fiscal accrédité ?
Consultez notre liste de représentants fiscaux accrédités par la DGFiP. Comparez les spécialités, obtenez un devis et sécurisez vos obligations fiscales en France.