Comprendre le représentant fiscal

Représentant fiscal vs mandataire fiscal : quelles différences ?

Ces deux notions sont souvent confondues, mais leurs régimes juridiques et leurs niveaux de responsabilité sont très différents. Voici comment les distinguer clairement.

Définitions : deux statuts distincts

En droit fiscal français, le représentant fiscal accrédité est la figure prévue par l'article 289 A du CGI pour les entreprises établies hors de l'Union européenne (et hors des pays ayant signé avec la France une convention d'assistance mutuelle au recouvrement). Il est agréé par la DGFiP, engage sa propre responsabilité solidaire, et constitue le seul interlocuteur légalement valide de l'administration fiscale pour son mandant.

Le mandataire fiscal est quant à lui un professionnel (expert-comptable, avocat, fiduciaire) qui agit comme simple représentant contractuel pour déposer des déclarations TVA, correspondre avec l'administration ou demander des remboursements, mais sans responsabilité solidaire. Il est suffisant pour les entreprises intracommunautaires ou relevant de pays conventionnés avec la France.

Point clé à retenir La différence principale n'est pas le nom, mais la responsabilité solidaire et l'obligation d'accréditation. Une entreprise hors UE qui se contente d'un mandataire non accrédité est considérée comme n'ayant pas désigné de représentant fiscal au sens de la loi.

Les différences clés

Le tableau ci-dessous synthétise les principales distinctions entre les deux statuts :

Critère Représentant fiscal accrédité Mandataire fiscal
Base légale Art. 289 A CGI Mandat civil (art. 1984 Code civil)
Accréditation DGFiP Obligatoire Non requise
Responsabilité solidaire Oui — engage ses propres fonds Non
Entreprises concernées Hors UE (sauf pays conventionnés) UE + pays conventionnés
Garantie bancaire Souvent exigée par le représentant Généralement non
Interlocuteur officiel DGFiP Oui, pleinement Oui, pour les actes délégués

Quand faut-il un représentant accrédité plutôt qu'un mandataire ?

La règle est simple : si votre entreprise est établie dans un pays qui n'appartient pas à l'UE et qui n'a pas signé de convention d'assistance mutuelle au recouvrement des créances fiscales avec la France, vous devez impérativement désigner un représentant fiscal accrédité. Cette obligation découle directement de l'article 289 A du CGI.

En pratique, les pays concernés par l'obligation de représentant accrédité incluent notamment : les États-Unis, le Canada, la Chine, l'Australie, les Émirats arabes unis, le Japon, la Corée du Sud, et la plupart des pays hors UE/EEE. Pour le Royaume-Uni, le Brexit a rendu l'accréditation obligatoire depuis le 1er janvier 2021.

Un mandataire fiscal (sans accréditation) suffit pour les sociétés établies dans un État membre de l'UE ou de l'EEE, ou dans un pays lié à la France par une convention d'assistance au recouvrement (liste officielle sur impots.gouv.fr).

Exemple concret Une boutique en ligne basée à Singapour vend des produits en France via son propre site. Singapour n'est pas dans l'UE et n'a pas de convention d'assistance avec la France. Elle doit obligatoirement désigner un représentant fiscal accrédité par la DGFiP. À l'inverse, une société allemande qui ouvre un compte TVA français peut se contenter d'un mandataire fiscal non accrédité.

Erreurs fréquentes à éviter

La confusion entre les deux statuts génère régulièrement des situations problématiques :

  • Désigner un expert-comptable sans accréditation pour une entreprise hors UE : la DGFiP ne reconnaît pas la représentation et applique les sanctions prévues pour absence de représentant.
  • Croire qu'un mandataire fiscal suffit toujours : certains professionnels présentent des services de "mandataire fiscal" sans préciser qu'ils ne sont pas accrédités au sens de l'article 289 A.
  • Ne pas vérifier l'accréditation avant de signer : demandez systématiquement la lettre d'accréditation délivrée par la DGFiP.
L'erreur peut coûter cher En l'absence de représentant accrédité valide, l'administration peut appliquer une amende et exiger la régularisation immédiate de toutes les déclarations TVA depuis le début des opérations en France. Rétroactivement.

Consultez la liste des représentants fiscaux accrédités DGFiP pour identifier les professionnels habilités à vous représenter en fonction de votre pays d'établissement et de votre activité.

Questions fréquentes

Non, pas pour les entreprises hors UE et hors pays avec convention d'assistance au recouvrement. Dans ce cas, seul un représentant fiscal accrédité au sens de l'article 289 A du CGI est légalement valide. Le mandataire fiscal est suffisant uniquement pour les entreprises intracommunautaires ou celles relevant de pays conventionnés.
Oui, un expert-comptable ou un avocat fiscaliste établi en France peut agir comme mandataire fiscal pour les déclarations TVA d'une entreprise établie dans l'UE. En revanche, pour les entreprises hors UE nécessitant un représentant accrédité, il doit avoir obtenu l'accréditation spécifique de la DGFiP.
Non. Le mandataire fiscal agit pour le compte du mandant mais ne supporte pas de responsabilité solidaire des dettes fiscales. En cas de défaillance du mandant, l'administration se tourne directement vers celui-ci, et non vers le mandataire. C'est l'une des différences fondamentales avec le représentant fiscal accrédité.
Oui. Si la situation de l'entreprise évolue (par exemple un changement de pays de résidence ou une hausse du volume d'opérations), il est possible de résilier le mandat existant et d'en signer un nouveau avec un représentant accrédité. La continuité des déclarations TVA doit cependant être assurée sans interruption.

Vous avez besoin d'un représentant fiscal accrédité ?

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