Immobilier & Représentation fiscale

Succession et héritage d'un bien immobilier en France pour non-résidents

Vous héritez d'un bien immobilier en France depuis l'étranger ? Voici les obligations fiscales à connaître, les droits de succession applicables et le rôle éventuel d'un représentant fiscal.

Succession en France pour un non-résident : les bases

Hériter d'un bien immobilier en France depuis l'étranger est une situation fréquente, notamment pour les expatriés français ou les membres de la diaspora. La France impose les droits de succession sur tous les biens immobiliers situés sur son territoire, indépendamment du domicile du défunt ou des héritiers. Cette règle, ancrée dans la territorialité de l'impôt, s'applique même si le défunt était lui-même non-résident.

La succession est réglée devant un notaire français, qui établit l'acte de notoriété et dépose la déclaration de succession auprès de l'administration fiscale dans les douze mois suivant le décès. Les héritiers non-résidents doivent s'organiser pour suivre cette procédure à distance, souvent en donnant procuration à un notaire ou à un mandataire en France.

Convention fiscale Si votre pays de résidence a signé une convention fiscale avec la France en matière de successions, un mécanisme de crédit d'impôt ou d'exonération partielle peut vous éviter une double imposition. Vérifiez l'existence d'une telle convention avec un professionnel.

Droits de succession : qui paie quoi ?

Les droits de succession sont calculés sur la valeur vénale du bien au jour du décès, après déduction des dettes éventuelles de la succession. Les taux et abattements dépendent du lien de parenté entre le défunt et l'héritier, exactement comme pour les résidents français.

Lien de parentéAbattementTaux progressif (tranche basse)
Enfant100 000 €5 % à 45 %
Conjoint / PACSExonération totale
Frère / sœur15 932 €35 % à 45 %
Neveu / nièce7 967 €55 %
Tiers (non-parent)1 594 €60 %

Les droits de succession doivent être payés en France dans les délais légaux (6 mois si le défunt est décédé en France, 12 mois s'il est décédé à l'étranger). Un défaut de paiement génère des intérêts de retard et des pénalités.

Après la succession : conserver, louer ou vendre ?

Une fois la succession réglée, l'héritier non-résident doit décider du devenir du bien. Trois options principales s'offrent à lui, chacune ayant des conséquences fiscales distinctes.

Conserver le bien vide : aucune obligation fiscale courante, mais le bien est soumis à la taxe foncière, et éventuellement à la taxe sur les logements vacants selon la commune. Il faudra gérer ces charges depuis l'étranger.

Mettre le bien en location : les loyers perçus sont imposables en France. En tant que non-résident, vous devez déclarer ces revenus fonciers auprès du Centre des Impôts des Non-Résidents (CINR). Un taux minimum d'imposition de 20 % s'applique sur les revenus nets. Si vous percevez des revenus locatifs réguliers, la désignation d'un représentant fiscal peut vous simplifier la gestion administrative.

Vendre le bien : la plus-value éventuelle est imposable en France. Si le prix de cession dépasse 150 000 €, la désignation d'un représentant fiscal accrédité par la DGFiP est obligatoire.

Exemple concret M. D., résident aux États-Unis, hérite de la maison familiale en Bretagne d'une valeur de 280 000 €. Après règlement de la succession, il décide de vendre le bien. Prix de vente : 310 000 €. La valeur au jour du décès (280 000 €) constitue le prix de revient pour le calcul de la plus-value. La plus-value brute est de 30 000 €. Le dépassement du seuil de 150 000 € sur le prix de cession impose la désignation d'un représentant fiscal accrédité.

Quand le représentant fiscal intervient-il dans le cadre d'une succession ?

La désignation d'un représentant fiscal accrédité n'est pas automatiquement requise lors d'une succession. Elle devient obligatoire dans deux cas principaux :

  • Lors de la revente du bien hérité : si le prix de cession dépasse 150 000 € et que l'héritier est ressortissant d'un État hors convention d'assistance avec la France (ou si la plus-value est importante)
  • En cas de revenus locatifs : si l'héritier non-résident perçoit des loyers de source française et souhaite externaliser la gestion de ses obligations déclaratives françaises

Le représentant fiscal accrédité est également un interlocuteur précieux pour optimiser la fiscalité lors de la revente : calcul des exonérations, application correcte des abattements pour durée de détention (à partir de la date d'acquisition par le défunt, pas la date d'héritage), et suivi du dossier auprès de l'administration.

Durée de détention et succession Pour le calcul des abattements pour durée de détention, la date de départ est la date d'acquisition initiale par le défunt, et non la date du décès ou de l'entrée en possession du bien par l'héritier. Cela peut permettre de bénéficier d'abattements significatifs.

Pour naviguer dans ces démarches avec sérénité, consultez notre liste des représentants fiscaux accrédités par la DGFiP spécialisés en immobilier des non-résidents.

Questions fréquentes

La désignation d'un représentant fiscal accrédité n'est pas automatiquement obligatoire pour une succession. Elle le devient si l'héritier non-résident décide ensuite de vendre le bien hérité et que la plus-value dépasse le seuil légal, ou si des revenus locatifs sont perçus depuis la France.
Oui. La France impose les droits de succession sur les biens immobiliers situés sur son territoire, quel que soit le domicile du défunt ou des héritiers. Des conventions fiscales internationales peuvent prévoir des mécanismes pour éviter la double imposition avec le pays de résidence de l'héritier.
Les revenus locatifs sont imposables en France. En tant que non-résident, vous êtes soumis à un taux minimum d'imposition de 20 % (ou 30 % au-delà d'un certain seuil) sur ces revenus. La désignation d'un représentant fiscal peut être nécessaire pour gérer vos obligations déclaratives françaises.
Si le prix de cession ne dépasse pas 150 000 € et que vous êtes ressortissant d'un État ayant signé une convention d'assistance avec la France, vous pouvez être dispensé de représentant fiscal accrédité pour la plus-value. Vérifiez votre situation précise auprès d'un professionnel.
Sources officiellesimpots.gouv.frBOFiPnotaires.fr

Vous avez besoin d'un représentant fiscal accrédité ?

Consultez notre liste de représentants fiscaux accrédités par la DGFiP. Comparez les spécialités, obtenez un devis et sécurisez vos obligations fiscales en France.

Consulter la liste 2026 Comment bien choisir ?