Par pays — Australie

Représentant fiscal en France pour les résidents et entreprises australiennes

Vous vivez en Australie et vous avez des biens ou des activités en France ? Découvrez vos obligations fiscales françaises et ce que la loi impose depuis l'autre bout du monde.

Qui est concerné depuis l'Australie ?

Deux profils principaux sont concernés par les obligations fiscales françaises depuis l'Australie. D'abord, les expatriés français installés en Australie, attirés par le marché du travail, la qualité de vie ou les opportunités entrepreneuriales dans des secteurs comme l'ingénierie, la tech ou l'agriculture. Beaucoup ont conservé un bien immobilier en France — une maison familiale, un appartement mis en location.

Ensuite, les entreprises australiennes qui développent des activités en France : importation de produits australiens (vins, agroalimentaire, matières premières), services numériques, e-commerce vers des clients français.

L'Australie est un pays tiers (hors UE). Les résidents australiens ne bénéficient pas des dispenses accordées aux résidents de l'Union européenne. L'obligation de représentant fiscal accrédité s'applique pleinement pour la TVA et pour les plus-values immobilières dépassant 150 000 €.

Obligations immobilières en France

Un bien immobilier situé en France génère des obligations fiscales françaises, indépendamment du lieu de résidence de son propriétaire. Depuis l'Australie, la distance ne modifie pas ces obligations — elle les rend simplement plus difficiles à gérer sans intermédiaire.

Les principales obligations :

  • Revenus locatifs : imposables en France. Taux minimum de 20 % pour les non-résidents sur les revenus nets. Déclaration annuelle obligatoire (formulaire 2044 ou 2042)
  • Taxe foncière : due chaque année au propriétaire, quel que soit son lieu de résidence
  • IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) : si le patrimoine immobilier net en France dépasse 1 300 000 €
  • Plus-value de cession : 26,5 % après abattements pour durée de détention. Prélèvement de solidarité de 17,2 % (et non 7,5 %, car les résidents hors UE/EEE ne bénéficient pas de la jurisprudence de Ruyter)

Plus-value et représentant fiscal accrédité

Lors de la vente d'un bien immobilier en France avec une plus-value nette supérieure à 150 000 €, un résident australien est tenu de désigner un représentant fiscal accrédité par la DGFiP avant la signature de l'acte de vente. Cette obligation est prévue à l'article 244 bis A du Code général des impôts.

Le taux applicable pour un résident australien est de 36,2 % : 19 % d'impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité). Ce taux plus élevé que pour les résidents UE s'explique par l'absence de la dispense liée à l'affiliation à un régime de sécurité sociale d'un État membre.

Exemple concret Un ingénieur français expatrié à Sydney depuis 2016 vend sa maison à Bordeaux acquise en 2012 pour 680 000 €, prix d'achat 350 000 €. Plus-value brute : 330 000 €. Après abattement pour 14 ans de détention (52 % sur l'IR, 30,40 % sur les PS), plus-value taxable : 158 400 € à l'IR et 229 680 € aux PS. La plus-value nette dépasse 150 000 €. Un représentant fiscal accrédité est obligatoire. Impôt total estimé : environ 70 000 € (IR 19 % + PS 17,2 %).

Entreprises australiennes et TVA française

Une société australienne (Pty Ltd, Trust, Partnership) qui réalise des opérations taxables en France est soumise à la TVA française. Les EAU n'appartenant pas à l'UE, l'obligation de représentant fiscal accrédité s'applique dans tous les cas d'immatriculation TVA.

Les situations les plus fréquentes :

  • Exportation de produits australiens vendus directement à des consommateurs français (e-commerce)
  • Prestations de services numériques à des clients français (SaaS, abonnements, consulting)
  • Stockage de marchandises en France avant revente
  • Participation à des foires ou expositions en France avec ventes sur place

Le représentant fiscal accrédité est solidairement responsable de la TVA due par la société australienne. Il dépose les déclarations CA3 et assure le lien avec le Service des Impôts des Entreprises Étrangères (SIEE).

Attention au délai d'immatriculation L'immatriculation TVA d'une société australienne prend généralement 6 à 10 semaines en France. Si vous prévoyez de commencer des opérations taxables, anticipez ce délai. Toute vente réalisée avant l'immatriculation expose à des rappels de TVA et des pénalités.

Pour trouver un représentant fiscal expérimenté dans les dossiers franco-australiens, consultez la liste des représentants fiscaux accrédités DGFiP.

Convention fiscale franco-australienne

La convention entre la France et l'Australie tendant à éviter les doubles impositions a été signée le 13 avril 2006. Elle est entrée en vigueur en 2009 et couvre les impôts sur le revenu et sur les gains en capital.

Points essentiels de cette convention :

  • Les revenus immobiliers et les plus-values sur biens immobiliers situés en France sont imposables en France
  • L'Australie accorde un crédit d'impôt (Foreign Income Tax Offset) pour l'impôt payé en France, évitant la double imposition
  • Les bénéfices d'entreprise ne sont imposables en France qu'en présence d'un établissement stable
  • Un mécanisme d'échange de renseignements entre administrations fiscales est prévu (article 26 de la convention)

Questions fréquentes

Oui, si la plus-value dépasse 150 000 €. L'Australie est hors UE. Le vendeur doit désigner un représentant fiscal accrédité par la DGFiP avant la signature de l'acte chez le notaire. Le représentant dépose la déclaration 2048-IMM et verse l'impôt. En dessous du seuil, le notaire opère la retenue directement.
Oui. La convention franco-australienne du 13 avril 2006 évite la double imposition des revenus et des plus-values. Les revenus immobiliers et les plus-values sur biens situés en France sont imposables en France. L'Australie accorde un crédit d'impôt (Foreign Income Tax Offset) pour éviter de taxer deux fois les mêmes revenus.
Oui. L'Australie n'est pas dans l'UE. Toute société australienne réalisant des opérations taxables en France (ventes de biens, services numériques, e-commerce) doit s'immatriculer à la TVA française et désigner un représentant fiscal accrédité par la DGFiP.
Une exonération partielle est possible. Pour les résidents de l'UE/EEE, l'exonération de la résidence principale au sens de l'article 150 U II du CGI peut s'appliquer. Pour les résidents hors UE comme l'Australie, les conditions sont plus restrictives. Un cas d'exonération spécifique existe pour les ressortissants de l'EEE ou de certains États avec convention, sous conditions de date et de durée de détention.
Sources officielles impots.gouv.frBOFiPservice-public.fr

Vous avez besoin d'un représentant fiscal accrédité ?

Consultez notre liste de représentants fiscaux accrédités par la DGFiP. Comparez les spécialités, obtenez un devis et sécurisez vos obligations fiscales en France.

Consulter la liste 2026 Comment bien choisir ?