Par pays — Belgique

Représentant fiscal en France pour les résidents et entreprises belges

La Belgique est membre de l'UE : la situation est différente de celle des pays tiers. Voici ce qui s'applique réellement pour les résidents belges ayant des intérêts en France.

Belgique dans l'UE : ce que cela change

La Belgique est un État membre de l'Union européenne. Cette appartenance à l'UE modifie sensiblement les obligations par rapport à des résidents de pays tiers comme les États-Unis, le Maroc ou l'Australie. L'entraide administrative et fiscale entre États membres de l'UE est plus développée, ce qui se traduit par des dispenses dans certains domaines.

Toutefois, il serait erroné de croire que résider en Belgique exonère de toutes obligations fiscales françaises. La règle de base reste la suivante : les revenus et plus-values de source française sont imposables en France, quel que soit le pays de résidence du contribuable.

Dispense TVA — mais pas pour l'immobilier Les résidents belges sont dispensés de l'obligation de représentant fiscal accrédité pour la TVA (car la Belgique est dans l'UE). En revanche, pour les plus-values immobilières dépassant 150 000 €, le représentant fiscal accrédité reste obligatoire, même pour les résidents UE.

Immobilier en France pour les Belges

La France et la Belgique partagent une longue frontière et des liens économiques et familiaux étroits. Il est courant que des résidents belges détiennent des biens immobiliers en France : résidences secondaires dans le Nord, en Provence ou sur la Côte d'Azur, immeubles locatifs, héritages familiaux.

Les obligations fiscales françaises liées à ces biens portent sur :

  • Les revenus locatifs : imposables en France chaque année, à déclarer via le formulaire 2044 (régime réel) ou 2042 (micro-foncier)
  • La plus-value de cession : imposable en France lors de la vente, au taux de 26,5 % (19 % IR + 7,5 % prélèvement de solidarité) avec abattements progressifs
  • L'impôt sur la fortune immobilière (IFI) : si la valeur nette du patrimoine immobilier français dépasse 1 300 000 €

Plus-value : le représentant fiscal reste obligatoire

Contrairement à la TVA, l'obligation de représentant fiscal accrédité pour les plus-values immobilières s'applique à tous les non-résidents, y compris ceux domiciliés dans un pays de l'UE. C'est l'article 244 bis A du CGI qui le prévoit, et il ne distingue pas selon que le vendeur est ressortissant UE ou non.

Le représentant fiscal accrédité est obligatoire dès lors que :

  • Le vendeur est non-résident fiscal français
  • La plus-value nette (après abattements) dépasse 150 000 €

En dessous de ce seuil, le notaire opère lui-même la retenue à la source et la verse au Trésor. Au-dessus, il est impératif de désigner un représentant fiscal accrédité avant la signature de l'acte de vente.

Exemple concret Un retraité belge vend sa maison de vacances acquise en 2008 dans les Ardennes françaises pour 420 000 €, prix d'achat 180 000 €. Plus-value brute : 240 000 €. Après abattement pour 18 ans de détention (72 % sur l'IR, 52,80 % sur les PS), la plus-value taxable à l'IR est de 67 200 €, celle soumise aux prélèvements de 113 280 €. La plus-value nette globale dépasse 150 000 €, donc un représentant fiscal accrédité est obligatoire.

TVA française pour les entreprises belges

Bonne nouvelle pour les sociétés belges : en tant qu'entreprises établies dans un État membre de l'UE, elles ne sont pas tenues de désigner un représentant fiscal accrédité pour leurs obligations TVA françaises. Elles peuvent s'immatriculer directement à la TVA française et nommer un mandataire (comptable ou fiduciaire) sans accréditation DGFiP.

Les opérations courantes des entreprises belges en France :

  • Ventes de biens en France : immatriculation TVA obligatoire si les seuils de ventes à distance sont dépassés (10 000 € via OSS) ou si les biens sont stockés en France
  • Prestations de services à des clients français : règles d'autoliquidation B2B ou collecte de TVA B2C selon les cas
  • Acquisitions intracommunautaires : soumises à la TVA française si les biens sont livrés en France
Attention à l'immobilier professionnel Une SCI belge ou une société de droit belge propriétaire d'un bien immobilier en France peut être soumise à la TVA immobilière si elle réalise des opérations de promotion ou de location soumise à TVA. Dans ce cas, l'immatriculation TVA est obligatoire. Vérifiez votre situation avec un professionnel.

Pour identifier un professionnel spécialisé dans les dossiers franco-belges, consultez la liste des représentants fiscaux accrédités DGFiP.

Convention fiscale franco-belge

La convention entre la France et la Belgique tendant à éviter les doubles impositions a été signée le 10 mars 1964 et révisée plusieurs fois. Elle régit la répartition des droits d'imposition entre les deux États.

Les points essentiels pour les particuliers et entreprises belges ayant des intérêts immobiliers en France :

  • Les revenus immobiliers et les plus-values sur biens situés en France sont imposables en France
  • La Belgique accorde un crédit d'impôt ou une exonération pour éviter la double imposition
  • Les dividendes et intérêts font l'objet de règles de retenue à la source spécifiques
  • Les droits de succession sur biens immobiliers français sont imposables en France selon la loi française

Questions fréquentes

Pas systématiquement. La Belgique étant membre de l'UE, les résidents belges ne sont pas soumis à l'obligation de représentant fiscal pour la TVA. En revanche, pour une vente immobilière avec plus-value supérieure à 150 000 €, la règle de l'article 244 bis A du CGI s'applique et un représentant fiscal accrédité est requis — même pour les résidents UE.
Oui, en règle générale. La Belgique étant membre de l'UE, une société belge réalisant des opérations taxables en France peut s'immatriculer directement à la TVA française sans désigner de représentant fiscal accrédité. Elle peut nommer un mandataire fiscal non accrédité (comptable, fiduciaire). Cette dispense est accordée par réciprocité entre États membres.
Le taux applicable aux résidents de l'UE est de 26,5 % (19 % IR + 7,5 % prélèvement de solidarité). Des abattements pour durée de détention s'appliquent progressivement à partir de 6 ans. L'exonération totale d'IR est atteinte après 22 ans de détention, celle des prélèvements après 30 ans. La convention fiscale franco-belge de 1964 peut atténuer la double imposition.
Oui. Les revenus fonciers générés par un bien situé en France sont imposables en France, quel que soit le pays de résidence du propriétaire. Le résident belge doit déposer une déclaration de revenus fonciers en France chaque année. La convention franco-belge évite la double imposition en accordant un crédit d'impôt ou une exonération côté belge.
Sources officielles impots.gouv.frBOFiPservice-public.fr

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