Représentant fiscal TVA

Pays liés à la France par une convention fiscale : représentant fiscal obligatoire ou non ?

L'obligation de désigner un représentant fiscal accrédité dépend du pays d'établissement. Certains pays bénéficient d'une exemption grâce aux conventions d'assistance au recouvrement. Faites le point sur votre situation.

Le principe de l'exemption par convention fiscale

L'article 289 A du Code général des impôts impose à toute entreprise établie hors de l'Union européenne et réalisant des opérations taxables à la TVA en France de désigner un représentant fiscal accrédité. Ce représentant est solidairement responsable du paiement de la TVA auprès de l'administration française.

Cependant, le même article prévoit une exemption pour les entreprises établies dans un pays qui a conclu avec la France une convention d'assistance administrative et d'assistance au recouvrement en matière fiscale. La logique est simple : si la France peut recouvrer ses créances fiscales directement dans le pays du débiteur grâce à un mécanisme d'entraide, la garantie fournie par un représentant fiscal local devient moins indispensable.

Deux types de conventions distincts Il existe des conventions fiscales bilatérales pour éviter la double imposition (qui ne suffisent pas) et des conventions d'assistance administrative incluant une clause d'assistance au recouvrement (qui peuvent exempter du représentant fiscal TVA). La présence d'une convention de double imposition ne garantit pas l'exemption.

Pays UE, EEE et hors UE : trois régimes différents

L'obligation de représentant fiscal TVA au sens de l'article 289 A s'applique différemment selon la localisation de l'entreprise étrangère :

  • Union européenne (27 États membres) : aucune obligation de représentant fiscal TVA. Les entreprises UE s'immatriculent directement auprès du SIEE. Les obligations déclaratives restent identiques.
  • Espace Économique Européen (Islande, Liechtenstein, Norvège) : même régime que l'UE, pas de représentant fiscal obligatoire.
  • Pays tiers avec convention d'assistance au recouvrement : exemption possible sous conditions — vérifier l'étendue de la convention.
  • Pays tiers sans convention suffisante : représentant fiscal accrédité obligatoire pour toute opération taxable en France.

Pays hors UE disposant d'une convention pertinente

Certains pays hors UE ont conclu avec la France des conventions bilatérales incluant des mécanismes d'assistance au recouvrement suffisants pour être pris en compte au regard de l'article 289 A du CGI. Parmi les exemples les plus fréquents en pratique :

  • Royaume-Uni (post-Brexit) : le Royaume-Uni a quitté l'UE le 1er janvier 2021 ; depuis cette date, les entreprises britanniques sont soumises à l'obligation de représentant fiscal, bien qu'une convention de double imposition existe par ailleurs.
  • Suisse : dispose d'une convention avec la France. En matière de TVA, l'exemption peut s'appliquer dans certains cas, mais la situation doit être analysée au cas par cas.
  • Canada, Norvège, Islande, Liechtenstein : peuvent bénéficier de dispositions spécifiques selon les textes en vigueur.

La liste officielle des pays couverts et les conditions exactes d'application figurent dans le Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), notamment dans la documentation relative à la TVA et aux obligations des assujettis non établis.

Exemple concret Une société norvégienne réalise des prestations de services taxables en France. La Norvège fait partie de l'EEE. Elle peut donc s'immatriculer directement à la TVA française sans désigner de représentant fiscal. En revanche, si le même service est rendu par une société basée à Singapour — pays sans convention d'assistance au recouvrement avec la France — le représentant fiscal accrédité est obligatoire.

Les limites de l'exemption : quand le représentant fiscal reste utile

Même lorsque la désignation d'un représentant fiscal n'est pas obligatoire légalement, faire appel à un professionnel accrédité reste souvent recommandé. Les raisons pratiques sont nombreuses :

  • La gestion des déclarations TVA en français, dans un système déclaratif différent de celui du pays d'origine
  • La récupération de crédits de TVA qui nécessite des échanges avec l'administration française
  • La gestion des contrôles fiscaux et des demandes de pièces justificatives
  • Pour les opérations immobilières, l'obligation de représentant accrédité subsiste pour la retenue sur plus-value (article 244 bis A CGI) dès 150 000 € de cession, indépendamment de l'exemption TVA
Ne pas confondre les régimes L'exemption de représentant fiscal TVA (article 289 A CGI) est distincte de l'obligation de représentant accrédité pour la plus-value immobilière (article 244 bis A CGI). Un ressortissant suisse ou canadien peut être exempté pour la TVA mais rester soumis à l'obligation pour la plus-value immobilière.

En cas de doute sur votre situation, consultez notre liste des représentants fiscaux accrédités DGFiP pour obtenir un avis personnalisé de professionnels spécialisés en fiscalité internationale.

Questions fréquentes

Non, pas systématiquement. La France et le Canada sont liés par une convention fiscale bilatérale qui inclut des clauses d'assistance administrative et de recouvrement. Une entreprise canadienne réalisant des opérations taxables en France peut s'immatriculer directement à la TVA, sans représentant fiscal obligatoire au sens de l'article 289 A du CGI.
La Suisse n'est pas dans l'Union européenne, mais dispose d'une convention fiscale avec la France incluant une assistance au recouvrement. Cela peut l'exempter de l'obligation de représentant fiscal TVA. En revanche, pour la retenue sur plus-value immobilière (article 244 bis A CGI), un représentant accrédité reste obligatoire si la plus-value dépasse 150 000 €.
Non. Malgré la convention fiscale franco-américaine, les États-Unis ne bénéficient pas d'une exemption complète de l'obligation de représentant fiscal TVA. Les entreprises américaines réalisant des opérations taxables en France restent tenues de désigner un représentant fiscal accrédité selon l'article 289 A du CGI.
L'administration fiscale française publie la liste des pays avec lesquels la France a conclu des conventions d'assistance au recouvrement. Cette liste figure dans le BOFiP (Bulletin Officiel des Finances Publiques). En cas de doute, la consultation d'un représentant fiscal ou d'un expert en fiscalité internationale est recommandée.
Non. L'exemption de représentant fiscal obligatoire ne supprime pas les obligations TVA elles-mêmes. L'entreprise reste tenue de s'immatriculer à la TVA française et de déposer ses déclarations auprès du SIEE. Elle peut simplement le faire directement, sans passer par un représentant accrédité imposé par la loi.

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