Immobilier & non-résidents

Vendre un bien immobilier en France quand on est non-résident : le guide

Plus-value, représentant fiscal accrédité, retenue à la source... La vente d'un bien en France depuis l'étranger suit des règles précises. Ce guide vous explique chaque étape.

La fiscalité d'une vente immobilière pour un non-résident

Lorsqu'un non-résident vend un bien immobilier en France (appartement, maison, terrain, local commercial), il est soumis à l'impôt français sur la plus-value réalisée. La plus-value est calculée comme la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition, corrigé des frais d'acquisition et des travaux déductibles.

Le taux d'imposition applicable dépend de la situation du vendeur :

  • Résidents de l'UE, de l'EEE (Islande, Norvège, Liechtenstein) : taux de 19 % sur la plus-value nette + prélèvements sociaux de 7,5 % (protection sociale au titre du régime de leur pays de résidence sous conditions).
  • Résidents hors UE / hors EEE (USA, Canada, Australie, Dubaï, Maroc, Chine...) : taux de 19 % + prélèvements sociaux de 17,2 %. Des abattements pour durée de détention s'appliquent dans les deux cas.

Des abattements progressifs réduisent la plus-value imposable selon la durée de détention : au-delà de 22 ans de détention, la plus-value est totalement exonérée d'impôt sur le revenu ; au-delà de 30 ans, elle est exonérée de prélèvements sociaux.

À savoir La plus-value est calculée par le notaire lors de la signature de l'acte authentique de vente. C'est lui qui effectue la retenue à la source et la reverse au fisc. Le vendeur non-résident reçoit le solde du prix de vente après déduction de cette retenue.

Quand le représentant fiscal accrédité est-il obligatoire ?

L'obligation de désigner un représentant fiscal accrédité spécifique pour les plus-values immobilières est déclenchée dès lors que la plus-value nette imposable dépasse 150 000 €. Ce seuil s'apprécie avant application des abattements pour durée de détention.

Dans ce cas, le notaire est tenu de bloquer le paiement du prix de vente jusqu'à ce que le vendeur non-résident désigne un représentant fiscal accrédité. Ce blocage peut durer plusieurs semaines si la désignation n'est pas anticipée, avec des conséquences contractuelles potentielles.

Sont exemptés de cette obligation :

  • Les vendeurs résidant dans un pays de l'UE ou de l'EEE
  • Les vendeurs dont la plus-value nette est inférieure à 150 000 €
  • Les vendeurs bénéficiant d'une exonération totale (durée de détention, résidence principale sous conditions)

Les étapes de la vente : rôle de chaque acteur

La vente d'un bien immobilier par un non-résident implique plusieurs intervenants dont les rôles sont complémentaires et parfois conditionnés les uns aux autres.

  • L'agence immobilière : recherche l'acquéreur, négocie le prix, rédige le compromis de vente. Elle doit être informée dès le départ de la situation de non-résident du vendeur pour anticiper les démarches fiscales.
  • Le notaire : rédige l'acte authentique, calcule la plus-value imposable, effectue la retenue à la source. Il vérifie la présence du représentant fiscal accrédité si la plus-value dépasse 150 000 €. Sans cette vérification, l'acte ne peut être signé.
  • Le représentant fiscal accrédité : mandaté avant la signature de l'acte authentique, il valide le calcul de la plus-value, signe la déclaration 2048-IMM et engage sa responsabilité auprès de la DGFiP. Il reçoit généralement ses honoraires sur le prix de vente retenu.
  • L'administration fiscale (DGFiP) : peut interroger le notaire ou le représentant fiscal sur les éléments de calcul de la plus-value. Elle dispose d'un droit de reprise de 3 ans à compter de la date de vente.
Exemple concret Un ressortissant marocain résidant à Casablanca vend son appartement parisien acheté 10 ans plus tôt pour 350 000 €. La plus-value brute est de 180 000 €. Après abattement de 30 % pour durée de détention (10 ans), la plus-value imposable est de 126 000 €. Comme elle est inférieure à 150 000 €, le représentant fiscal accrédité n'est pas obligatoire — mais le notaire procède à la retenue à la source au taux de 19 % + 17,2 %.

Points de vigilance et erreurs fréquentes

Les non-résidents qui vendent leur bien en France commettent régulièrement plusieurs erreurs évitables :

  • Ne pas anticiper la désignation du représentant fiscal : la recherche d'un professionnel accrédité prend du temps. Si elle commence après la signature du compromis, elle peut retarder la vente de plusieurs semaines et créer des tensions avec l'acquéreur.
  • Oublier de conserver les justificatifs de travaux : les travaux d'amélioration réalisés par le vendeur (et non par le locataire) sont déductibles du calcul de la plus-value. Sans factures, ils ne peuvent pas être pris en compte.
  • Confondre prix de cession et plus-value : l'obligation de représentant fiscal porte sur la plus-value, pas sur le prix de vente. Un bien vendu 500 000 € mais acheté 400 000 € génère une plus-value brute de 100 000 € — en dessous du seuil obligatoire.
  • Ne pas informer le notaire de sa situation fiscale : le notaire a l'obligation de vérifier la résidence fiscale du vendeur pour appliquer le bon régime.
Point de vigilance Si vous n'avez pas désigné de représentant fiscal accrédité et que la plus-value dépasse 150 000 €, le notaire doit légalement bloquer le prix de vente. Cette situation peut entraîner des pénalités contractuelles vis-à-vis de l'acquéreur. Anticipez cette démarche dès la mise en vente.

Pour trouver un représentant fiscal accrédité spécialisé dans la plus-value immobilière des non-résidents, consultez notre liste des représentants fiscaux accrédités DGFiP. Plusieurs cabinets y sont présentés avec leur expertise en immobilier non-résident.

Questions fréquentes

Le représentant fiscal accrédité est obligatoire dès lors que la plus-value nette imposable dépasse 150 000 €. En dessous de ce seuil, la retenue à la source sur la plus-value est effectuée directement par le notaire, sans qu'un représentant fiscal accrédité soit exigé. Attention : le seuil de 150 000 € s'apprécie sur la plus-value, pas sur le prix de vente.
Non, les ressortissants et entreprises de l'Union européenne, ainsi que ceux d'Islande, de Norvège et du Liechtenstein (EEE), ne sont pas soumis à l'obligation de représentant fiscal accrédité pour les plus-values immobilières. En revanche, ils sont tout de même imposés sur la plus-value au taux de 19 %, plus les prélèvements sociaux.
Oui, la présence physique en France n'est pas obligatoire pour conclure une vente immobilière. Le non-résident peut donner procuration à un mandataire en France (un proche, un notaire, ou son représentant fiscal) pour signer l'acte de vente chez le notaire. Les documents peuvent également être signés à l'étranger devant un notaire local ou via une apostille.
Le représentant fiscal accrédité doit rester désigné jusqu'à l'apurement complet du dossier fiscal, c'est-à-dire jusqu'à ce que l'administration confirme qu'aucun redressement n'est envisagé. En pratique, le dossier peut rester ouvert 2 à 3 ans après la vente, délai pendant lequel le fisc conserve un droit de reprise.
Partiellement. Un non-résident ressortissant de l'UE ou de l'EEE peut bénéficier d'une exonération partielle (dans la limite de 150 000 € de plus-value nette) s'il a eu sa résidence principale en France au moins une fois avant la vente et si le bien n'est pas loué. Les conditions sont précises et doivent être vérifiées avec un professionnel.
Sources officiellesimpots.gouv.frBOFiPservice-public.fr

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