Par pays — Holding étrangère

Holding étrangère propriétaire en France : obligations et représentant fiscal

Vous détenez de l'immobilier français via une structure holding étrangère ? Les obligations fiscales sont nombreuses et les pièges, coûteux. Voici ce que vous devez savoir.

Pourquoi détenir de l'immobilier français via une holding ?

La détention d'immeubles français via une société étrangère — holding luxembourgeoise, néerlandaise, suisse, ou plus rarement via des structures off-shore — répond à des logiques patrimoniales et fiscales variées : optimisation de la transmission successorale, limitation de la responsabilité personnelle, gestion centralisée de plusieurs actifs immobiliers dans différents pays, ou avantages liés à des conventions fiscales spécifiques.

Quelles que soient les motivations, la législation fiscale française prend en compte ces structures et leur impose un ensemble d'obligations spécifiques qui peuvent s'avérer plus lourdes que pour une détention directe. La connaissance de ces règles est essentielle pour éviter des surprises fiscales coûteuses.

L'administration fiscale française surveille les structures étrangères Depuis les lois de finances successives et les directives européennes anti-évasion fiscale (ATAD 1 et 2), le contrôle des structures étrangères détenant de l'immobilier en France s'est considérablement renforcé. La transparence des bénéficiaires effectifs est devenue une exigence légale incontournable.

La taxe de 3 % : l'obligation méconnue

L'article 990 D du Code général des impôts institue une taxe annuelle de 3 % sur la valeur vénale des immeubles situés en France détenus directement ou indirectement par des entités juridiques (sociétés, fondations, trusts, fonds) dont le siège est hors de France.

Cette taxe est due au 1er janvier de chaque année. Elle vise à décourager la détention anonyme d'immeubles en France via des structures opaques. Les exonérations sont accordées dans les cas suivants :

  • L'entité prend l'engagement annuel de déclarer la liste de ses actionnaires, la valeur des immeubles et leur localisation (formulaire n°2746)
  • L'entité est établie dans un pays ayant signé avec la France une convention d'assistance administrative en matière fiscale
  • Les parts de l'entité sont cotées sur un marché réglementé
  • La valeur vénale des immeubles représente moins de 50 % de l'actif total français de l'entité
Risque d'accumulation sur plusieurs années Si une holding étrangère n'a pas déclaré et payé la taxe de 3 % pendant plusieurs années, le montant dû peut s'avérer considérable, majoré de pénalités (40 % en cas de manquement délibéré) et d'intérêts de retard (0,20 % par mois). L'administration fiscale peut réclamer les taxes dues sur 6 ans (délai ordinaire) voire 10 ans (en cas de fraude).

IFI et impôt sur les sociétés pour les holdings étrangères

Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) : les entités étrangères dont les actifs français représentent plus de 50 % de leur actif total, et dont la valeur nette des immeubles français dépasse 1 300 000 €, peuvent être soumises à l'IFI. Cet impôt frappe les bénéficiaires effectifs personnes physiques via la transparence des structures.

Impôt sur les Sociétés (IS) : une holding étrangère qui perçoit des revenus fonciers en France (loyers) ou qui réalise une plus-value de cession peut être soumise à l'IS français si elle dispose d'un établissement stable en France, ou à la retenue à la source sur les revenus immobiliers dans le cadre des conventions fiscales.

Exemple concret Une holding luxembourgeoise (SA de droit luxembourgeois) détient un immeuble de rapport à Paris d'une valeur de 3 000 000 €. Elle perçoit 120 000 € de loyers annuels. Obligations fiscales françaises : (1) taxe de 3 % = 90 000 €/an sauf exonération sur engagement de déclaration ; (2) IR ou IS sur les revenus locatifs selon la structure ; (3) TVA si les locations sont soumises à option TVA ; (4) IFI potentiel pour les actionnaires personnes physiques.

TVA immobilière et représentant fiscal

Une holding étrangère peut être soumise à la TVA française dans deux principales situations :

  • Location avec option TVA : les locations d'immeubles à usage professionnel peuvent faire l'objet d'une option pour l'assujettissement à la TVA (article 260-2 du CGI). Cette option permet de récupérer la TVA sur les travaux et charges mais oblige à facturer la TVA sur les loyers
  • Cession d'immeubles neufs ou en VEFA : les ventes d'immeubles dont la construction est achevée depuis moins de 5 ans sont soumises à la TVA immobilière au taux de 20 %

Pour les holdings établies dans un État membre de l'UE, la désignation d'un représentant fiscal accrédité pour la TVA n'est pas obligatoire mais peut être pratique. Pour les holdings hors UE, un représentant fiscal accrédité est obligatoire.

Cession de l'immeuble : plus-value et représentant accrédité

Lors de la cession de l'immeuble français, la holding étrangère est soumise à l'impôt sur les plus-values immobilières (article 244 bis A du CGI). Le taux dépend du lieu d'établissement :

  • Holding UE/EEE : 26,5 % (19 % IS + 7,5 % prélèvement de solidarité)
  • Holding pays tiers conventionné : 26,5 % ou 36,2 % selon les cas
  • Holding ETNC (État et Territoire Non Coopératif) : 75 %

Si la plus-value nette dépasse 150 000 €, un représentant fiscal accrédité est obligatoire. Le notaire ne peut pas finaliser la vente sans l'attestation de ce représentant confirmant le paiement ou la garantie de l'impôt.

Pour accompagner votre holding étrangère dans ses obligations françaises, consultez la liste des représentants fiscaux accrédités DGFiP.

Questions fréquentes

Oui, potentiellement. Pour la TVA immobilière, si la holding réalise des opérations taxables (locations soumises à TVA, ventes d'immeubles neufs), elle doit s'immatriculer à la TVA française. Le Luxembourg étant dans l'UE, la désignation d'un représentant fiscal accrédité n'est pas obligatoire pour la TVA. En revanche, pour les cessions immobilières avec plus-value supérieure à 150 000 €, un représentant accrédité est requis.
L'article 990 D du CGI impose une taxe annuelle de 3 % sur la valeur vénale des immeubles situés en France et détenus par des entités juridiques (sociétés, trusts, fondations) dont le siège est à l'étranger. Cette taxe vise à décourager la détention anonyme de biens immobiliers en France via des structures off-shore. Des exonérations existent pour les entités qui révèlent leurs actionnaires ou bénéficiaires à l'administration.
Plusieurs cas d'exonération existent : (1) la holding prend l'engagement de déclarer annuellement ses actionnaires et la valeur de ses immeubles ; (2) les actions de la holding sont cotées en bourse ; (3) la holding est établie dans un État ayant signé une convention d'assistance administrative avec la France permettant l'échange de renseignements ; (4) la holding détient les immeubles via une chaîne de sociétés toutes transparentes fiscalement. Un représentant fiscal spécialisé peut optimiser cette situation.
Techniquement oui, mais les obligations sont très lourdes. La taxe de 3 % s'applique si l'entité n'est pas en mesure de révéler ses bénéficiaires. De plus, depuis la loi AIFM et les réglementations anti-blanchiment, les notaires, banques et administrations françaises demandent systématiquement l'identité des bénéficiaires effectifs. Les structures totalement opaques sont de plus en plus difficiles à maintenir légalement en France.
Oui. Une société étrangère cédant un immeuble en France est soumise à l'impôt sur les plus-values immobilières (article 244 bis A du CGI) au taux de 26,5 % (pour UE/EEE) ou 36,2 % (pour pays tiers). Si la plus-value nette dépasse 150 000 €, un représentant fiscal accrédité est obligatoire. Les sociétés établies dans des États non coopératifs (ETNC) sont soumises à un taux majoré de 75 %.
Sources officielles impots.gouv.frBOFiPservice-public.fr

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